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abdelkrim

1) La possession naturelle

 

La possession nocturne est une possession naturelle puisque le Prophète a dit en substance que «  Chaque humain est visité dès qu'il commence à dormir des djinns, qu'il évacue donc ses glaires à son réveil, le matin. »

 

A partir de là, on comprend le caractère symétrique des deux mondes, celui de la nuit est celui des djinns, tandis que celui du jour est celui de l'activité humaine. Le monde des rêves est donc un monde réel, parallèle, pour les djinns, autant que l'est le jour pour les humains. Compréhensible devient, par conséquent, le manque de souveraineté sur soi lors des rêves. Il en va de même le jour, pour les djinns qui subissent, et Allah est plus savant, le comportement humain autant que nous subissons les leurs, la nuit, dans nos rêves.

 

Ainsi, le Prophète a dit dans une tradition authentique : « Le démon circule dans le sang du fils d’Adam comme le sang circule dans ses veines. » En somme la possession est quelque chose de naturel la nuit et rien ne démontre qu'elle est contre nature le jour. Ibn Mas’oud rapporte que le Messager d’Allah a dit : « Il n’y a aucun parmi vous qui n’ait pas un compagnon parmi les djinns. » « Même toi, ô Messager d’Allah ? » Lui disent-ils. « Même moi », répond t-il, en ajoutant : « mais Allah m’a apporté son soutien contre mon compagnon djinn et il s’est converti à l’Islam et ne m’ordonne que du bien. » »1 Si chacun possède au minimum un compagnon parmi les djinns et que la communication entre deux êtres distants n'est possible sans une intersection moyennant un espace commun alors la possession devient naturelle puisque les djinns de forme invisible à l'homme, pour communiquer avec celui-ci doivent nécessairement le pénétrer pour insuffler leur volonté.

 

On rapporte à ce propos une histoire du gouverneur Al hadjadj Ben Youcef pendant le règne Ommeyade. On rapporta à Al hadjadj qu'un homme était accusé de sorcellerie. Il lui dit: « Es-tu un sorcier? » L'autre dit: « Non. » Al hadjadj prend une poignée de cailloux et les compta puis il lui dit: « Combien j'ai de cailloux dans la main ? » L'autre lui donna le nombre exact. Al hadjadj prend une autre poignée sans la compter et lui dit : « combien y a t-il de cailloux ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » Al hadjadj lui demanda : « comment la première fois, as-tu fait pour savoir et sans que la deuxième fois tu n'y parviennes. » Il répondit : « La première fois, c'est ton Qarin qui l'a dit à mon Qarin. Mais la deuxième fois ton Qarin ne le savait pas. »

 

2) La possession involontaire et temporaire

 

La possession involontaire et temporaire est une possession par transmission moyennant un échange de regards, une pensée, ou un sentiment comme l'amour ou la haine...

 

En effet, il faut savoir que la possession ne va pas que dans un sens, l'homme peut aussi posséder les djinns par la profondeur de son mental, de sa pensée ou de ses émotions car les djinns sont assujettis à notre volonté et peuvent se trouver contrains à réaliser celle-ci indépendamment de la nôtre. C'est ce qui explique par exemple le coup de foudre, lié à l'absorption par la force du sentiment qu'est l'amour d'un résident djinn de l'être aimé, générant une augmentation du sentiment amoureux, et une pensée constante, voire obnubilante de celui-ci.

 

Cette thèse explique pourquoi certaines femmes sont plus attirantes que d'autres, en raison de la forte présence de démons qui voulant jouir de celle-ci pénètrent les hommes environnants, développant simultanément leur libido, afin que ceux-ci soient vaincus par leurs émotions. C'est pourquoi, certaines femmes démoniaques sont de véritables guet-apen pour des hommes qui risquent de se remplir par ces dernières de démons maléfiques. Il n'est pas nécessaire que la femme soit présente physiquement pour transmettre ses propres démons, la simple contemplation d'images ou de vidéos pornographiques suffit pour véhiculer les démons associées à la femme contemplée.

 

Ainsi, la possession involontaire est liée à l'environnement et très souvent des membres d'une même famille se verront affecter par des maux communs en raison de leur proximité. A l'identique d'un virus le mal des djinns peut se propager moyennant les voies de l'émotion et de la pensée qui sont les leurs. Or dans une famille ces voies sont naturelles et incontournables. C'est pourquoi, l'on trouve souvent des personnes possédées mais dont la source du mal n'est pas en eux, mais chez un proche. La roqya pour de telles personnes ne peut qu'améliorer la situation mais n'effacera pas le mal absolument tant que l'on ne soignera pas l'origine. Ainsi, certaines roqya peuvent s'avérer inefficaces en raison de l'environnement du malade puisque son démon se régénèrera chez son origine pour ensuite continuer à nuire à ce dernier. Et les ponts familiaux ne peuvent être brisés d'où le caractère prédestiné de l'épreuve. C'est pourquoi, la roqya ne se réalise pas dans tous les cas. A ce sujet, le prophète a laissé le djinn de Um Zufar sans lui pratiquer la roqya dans la tradition authentique suivante : « Ata ibn abi rabah rapporte qu’Ibn Abbas lui a dit : « Veux-tu que je te montre une femme qu’Allah destine au paradis ? Je dis : « Oui » Il dit : cette femme noire est venue dire au prophète : « J’ai des crises d’épilepsie au cours desquelles, il m’arrive de me découvrir malgré moi. Invoque Allah pour moi. Il lui dit : « Si tu veux bien patienter, tu as le paradis et, si tu veux que j’invoque Allah pour ta guérison, je le ferai. » Elle dit : « Je préfère plutôt patienter. » Puis elle ajouta : « Il m’arrive dans ces crises de me découvrir, invoque Allah pour que cela ne m’arrive plus ». Et il invoqua Allah pour elle. » Selon Ibn Hajar cette épilepsie est causée par les djinns. Cette tradition révèle que la possession est parfois une épreuve, que l’homme doit surmonter par la patience dans l’obéissance.

 

Certaines de ces possessions naturelles seront donc temporaires en raison de l'inadéquation du démon dans le corps du possédé. En effet, une possession liée à un échange de regards profonds dans les transports en commun peut transmettre des démons qui n'apprécieront pas le nouveau corps puisque n'épousant pas leurs valeurs et leurs rythme de vie. Ils sortiront ainsi dès qu'une occasion se prêtera à eux. Et cette occasion sera la constitution d'un pont vers une autre personne par la pensée ou l'émotion, d'où l'explication que certaines personnes sont des centres de convergence de démons, en raison de leur émotivité accentuée ou de leur faiblesse !

 

3) La possession volontaire, causée par nos propres actes

 

La possession volontaire causée par nos propres est celle qui est relative à nos péchés. En effet, Allah dit à propos des égarés: «Et quiconque s'aveugle (et s'écarte) du rappel du Tout Miséricordieux, Nous lui désignons un diable qui devient son compagnon inséparable. »2

 

وَمَن يَعْشُ عَن ذِكْرِ الرَّحْمَنِ نُقَيِّضْ لَهُ شَيْطَانًا فَهُوَ لَهُ قَرِينٌ

 

Ce verset montre que la possession est naturelle dans le cas de l'éloignement par rapport à la voie droite, car voulue par Allah, pour celui qui s'égare. Il ne sert donc à rien d'extraire un démon quand celui-ci est rentré à cause des actes de l'individu, si au préalable nous ne demandons pas au possédé de changer de comportement par la repentance!

 

En effet, dans la réalité, les démons peuvent rentrer en nous quand il y a émotion forte comme la colère, la peur, ou la jouissance. Ce que nous ressentons, ils le ressentent et vis et versa. Le but étant d'imposer la lumière dans notre intériorité afin de chasser les ténèbres. Et la lumière est associée à la motivation à faire le bien, les ténèbres qui résultent des péchés sont le contraire de la lumière et donc génère en l'être une démotivation, une déprime...

 

Ainsi, la possession est une sorte d'épreuve, de combat interne que l'homme doit mener contre lui-même. En effet, quand le démon possède l'homme, il y a partage d'émotions, si bien que si l'homme pieux patiente dans l'obéissance, domine le mal être du démon en lui, consécutif de son adoration, grâce à sa dualité, le démon s'affaiblira, mourra pour laisser place à la lumière et à la quiétude de l'adoration. Par contre quand l'homme se sent mal à adorer son Seigneur, du fait de la présence d'un démon en lui, et qu'il ne réalise pas la dualité c'est-à-dire qu'il ne fait qu'un avec son démon, alors il va penser que le mal être provient de lui même et pas du démon. Il arrêtera donc de pratiquer la religion d'Allah, donnera la victoire et la joie a son démon et trouvera, par conséquent, la quiétude dans les péchés.

 

C'est pourquoi, l'une des plus grandes preuves de la possession est la présence, en soi, de volontés contraires. Et, il est un devoir pour le croyant de lutter contre la partie maléfique de son être par l'arrêt des péchés et la patience dans le respect de la loi musulmane, même si cela provoque de la gène durant une certaine période. D'une manière générale les personnes trop unifiées avec leurs démons c'est-à-dire dominées par ceux-ci ne pourront jamais supporter une roqya par pression physique et finiront par considérer le raqi comme une agresseur. L'inconstance dans la patience vis-à-vis de la douleur légale est un témoin de notre faiblesse spirituelle.

 

4) La possession volontaire externe, causée par la sorcellerie et le mauvais œil

 

La possession volontaire externe c'est-à-dire causée par des facteurs indépendant de notre volonté mais qui a pour origine des gens qui aspirent à réaliser un intérêt, voire une mission moyennant des djinns assujettis par pacte, acte de mécréance ou tout simplement par la force de notre émotion sont des cas qui méritent un traitement par la roqya puisque déséquilibrant, perturbant le bien être de la victime de ces sorciers conscients ou inconscient.

 

En effet, une personne susceptible de réaliser un mauvais œil est une sorte de sorcier inconscient. Quand des djinns sont assujettis inconsciemment à une personne en raison de sa forte émotivité et que celle-ci souffre de la maladie du cœur qu'est l'envie alors on aura à faire à du mauvais œil c'est-à-dire à l'envoie inconscient de démons soumis à notre envie qui iront porter atteinte à l'intégrité de l'objet de notre envie.

 

La sorcellerie consiste à assujettir un djinn à une mission moyennant un acte grave aux yeux de Dieu, par lequel il se soumet, lui ou le chef du démon missionnaire. Ainsi, un sorcier est une personne qui vend son âme au diable, en pratiquant des actes de mécréance, moyennant la docilité de certains démons par lesquels il va réaliser le désir de ses clients. Pour réaliser une sorcellerie, le sorcier n'a besoin que d'un objet susceptible de faire penser à la personne que l'on veut ensorceler comme une photo, des cheveux, ou un vêtement non lavé...

 

La roqya est le traitement qui a pour but de soigner un malade en chassant le djinn ou le démon causateur de la perte de contrôle ou de la maladie au sein du corps. Une femme venue demander au Prophète si elle pouvait continuer à pratiquer la roqya comme elle le faisait avant l’Islam ? Il lui répondit : « Faites comme vous faisiez mais ne faites pas de chirk.»3 Cette tradition démontre que la roqya est ouverte, et qu'il n'existe pas de méthode définie car le prophète ne s'est pas opposé aux méthodes pratiquées avant son apostolat. Toutefois, la condition à respecter est l'interdiction du chirk c'est-à-dire l'associationnisme. Cette dernière tradition révèle que la roqya est plus proche de la médecine que de l'adoration et qu'il n'est donc pas nécessaire d'avoir un statut particulier pour pouvoir la pratiquer. Toute personne compétente peut pratiquer la roqya et la compétence se mesure ici à la science c'est-à-dire à la précision de la connaissance du domaine et surtout à la conviction, et à l'expérience. Les quatre caractéristiques d'un bon raqi sont: la science, la piété, la conviction, l'expérience. Le raqi incompétent est donc un raqi qui ne possède pas toutes ses vertus et qui risquent fort probablement de rendre plus malade son patient. Ajoutons que pour une efficace roqya, il est nécessaire que le patient vérifie, à son tour, trois conditions: la réalisation de la dualité entre lui et les djinns qui le possèdent, la confiance en la compétence du raqi, et la volonté sincère de guérir.

 

Il existe donc différents types de roqya:

 

- La roqya conventionnelle par la récitation seule du saint Coran. Précisons que cette roqya ne peut s'avérer efficace que si le raqi est pieux et surtout convaincu en la parole divine. De même, il faut que le malade le soit aussi, si l'on veut réaliser une sorte de tawasoul légal assurant la guérison. En effet, dans la tradition célèbre qui relate les incidents des gens du fossé : « L’un des courtisans du roi qui était aveugle en entendit parler et se rendit auprès de lui avec de nombreux cadeaux. Il lui dit : « Tout ce que tu vois là est à toi si tu arrives à me guérir. » Le jeune homme lui dit : « Je ne guéris personne moi-même mais c’est uniquement Dieu, le Très Haut qui guérit ! Si tu crois en Dieu le Très Haut je le prierai et Il te guérira. » Le courtisan crut en Dieu et Dieu le guérit. »4

- La roqya par pression physique moyennant une gestuelle susceptible de générer une douleur qui, lorsque le patient réalise la dualité, permet l'extraction des démons par le vomissement, les glaires et les crachats.

- La roqya par la compagnie et le soutien moral car la fréquentation de personnes pieuses affaiblit l'impact du démon sur soi. C'est pourquoi, d'ailleurs, les démons poussent à l'isolement afin de rendre encore plus vulnérable leurs victimes.

- La roqya par l'hygiène et la pratique d'une activité physique ou intellectuelle. En effet, les douches chaudes ainsi que les sports comme l'endurance, la natation, ou le travail sont des moyens d'extraction ou d'affaiblissement des djinns car les démons se renforcent, en effet, par notre passivité et nos sommeils prolongés.

- La roqya par la médecine traditionnelle. En effet, la médecine peut par amputation de tumeur soigner le malade atteint par la sorcellerie. Le docteur Françoise May-Levin écrit à propos de la radio-fréquence qui serait une adaptation médicale de la roqya puisqu'elle consiste à chauffer un organe atteint par une tumeur: « Il s'agit de la destruction de tissu par la chaleur libérée par les micro-ondes produites par une électrode reliée à un générateur. »

- Et enfin la roqya par notre pratique religieuse, le rappel, notre patience dans le respect des interdits divins que ceux-ci concernent les actes du cœur ou du corps car, après tout, toute maladie n'est que la conséquence de notre éloignement par rapport à Dieu, que celui-ci résulte de notre ignorance de Sa réalité ou de nos péchés.

 

Mahdy Ibn Salah

 

1Moslim

2C43/10

3Moslim

4Moslim

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